Le 2 avril dernier, lors de l’Assemblée générale d’Interfel Nouvelle-Aquitaine, intervenants et experts ont échangé sur la compréhension des dynamiques d’achat de fruits et légumes frais et sur les leviers possibles pour encourager leur consommation.
Créé en 2020, le comité régional d’Interfel en Nouvelle-Aquitaine, présidé depuis deux ans par Jean-Louis Chapeyroux, œuvre au développement d’interactions entre les 5 000 entreprises de la filière des fruits et légumes frais présentes sur son territoire et à la valorisation de leurs compétences et savoir-faire. Il s’appuie pour cela sur les ressources mises à sa disposition par l’interprofession, parmi lesquelles une toute nouvelle étude, dont les premiers résultats ont été présentés en avant-première.
Reposant sur une méthode originale croisant des données d’achats réels et les réponses à un questionnaire réalisé auprès des mêmes acheteurs, cette étude met en avant les huit facteurs qui influent le plus sur les comportements d’achat des consommateurs, et qui pourraient expliquer la baisse de 13 % des volumes d’achats de fruits et légumes frais depuis 2020.
« Si le prix est un facteur de décroissance, il apparaît comme secondaire face à la proposition d’alternatives (conserves et surgelés), au plaisir associé au goût et aux textures des fruits et légumes, à la réponse aux attentes en matière de qualité, à la diversité de choix proposée en rayon et à l’usage. Les acheteurs ont globalement confiance dans la qualité des fruits et légumes frais et sur leur argument santé, mais il convient de rester vigilent et de poursuivre la pédagogie et les actions de communication. 575 000 tonnes de fruits et légumes frais perdus pourraient être récupérés par des actions d’éducation », a expliqué Cécilia Benoît-Celeyrette, directrice adjointe stratégies filière d’Interfel, le 2 avril dernier, lors de l’assemblée générale d’Interfel Nouvelle-Aquitaine.
Multiplier les « opérations séduction »
C’est ce à quoi travaille le réseau national de diététiciens d’Interfel (18 au total, dont 4 en Nouvelle-Aquitaine), qui conçoit et anime des opérations de sensibilisation dans les restaurants scolaires, les accueils de loisirs, les entreprises, les points de vente, etc. « Les actions et initiatives pédagogiques qui fonctionnent le mieux pour stimuler la consommation des fruits et légumes chez les enfants ne sont pas celles basées uniquement sur l’apport de connaissances nutritionnelles, mais celles qui associent leur environnement social de proximité (notamment leurs parents) et la pratique (manipulations, dégustations, ateliers cuisine, jardinage, etc.) », a précisé Claire Chambrier, responsable du développement scientifique chez Aprifel.
Parmi les initiatives locales présentées lors de cette AG figurent celle déployée par Victoria Sauvaitre, productrice de pommes en Charentes, qui ouvre chaque année les portes de son exploitation aux consommateurs. Ainsi que celles de Sonia et Axelle Boudon, qui proposent dans leur boutique des légumes prêts à cuisinés et conditionnés sous vide, et multiplient les « opérations séduction » lors d’événements où les fruits et légumes détonnent à côté des plateaux de fromage et de charcuterie.
Déployé localement depuis 2017 par la Draaf Nouvelle Aquitaine, le dispositif européen « Lait et fruit à l’école » vise à faire adopter aux enfants de la maternelle au lycée un comportement alimentaire plus sain, via la distribution de fruits et légumes frais et/ou de lait et produits laitiers. Soutenu par Bordeaux Métropole dans le cadre de son projet alimentaire territorial, ce dispositif illustre parfaitement le besoin d’accompagnement et de pédagogie nécessaires pour faire adhérer les établissements.