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L’EDITO

Edito de décembre 2017

IL FAUT CHANGER, C’EST URGENT !

A quelques jours de l’ouverture des travaux de la Cop23, le cri d’alarme lancé le 13 novembre par quinze mille scientifiques sur l’état de la planète est sans ambiguïté : notre Planète va mal, très mal, et l’activité anthropique est la principale responsable de ce désastre déjà annoncé en 1992 par un collège de scientifiques, dont de nombreux prix Nobel.
Malheureusement, les prévisions de ces Cassandre n’ont pas été entendues et les politiques économiques n’ont pas été suffisamment infléchies pour qu’une amélioration ne soit notée, hormis sur la couche d’ozone qui aurait retrouvé une bonne partie de sa consistance. Naturellement, l’effet de serre dû en particulier aux émissions de CO2 est un des indicateurs les plus préoccupants mis en exergue. Les températures moyennes ne cessent de monter, la disponibilité en eau douce de régresser, y compris en Europe, les populations de vertébrés et d’invertébrés chutent de manière dramatique et il n’y a jamais eu aussi peu d’insectes collés sur les pare-brise de nos voitures… Observation que des scientifiques allemands ont corroborée en révélant un déclin drastique de la population d’invertébrés en Allemagne (et donc probablement ailleurs) au cours des dernières décennies. Tout ceci intervient alors que la population mondiale ne cesse de croître, progressant de 35 % en vingt-cinq ans, à 7,6 milliards en 2017, imposant naturellement une pression proportionnelle sur notre biosphère. Tout ceci nous dépasse ? Pas tout à fait ! Les systèmes agricoles et alimentaires dont nous sommes les acteurs ont une part non négligeable dans les constats que je viens de relater. « Si on réservait aux humains le blé, le soja et le maïs destinés aux animaux, on pourrait nourrir 11 milliards d’humains », observe le démographe Hervé Le Bras. Mais sommes-nous prêts à renoncer à une part substantielle de notre consommation de viande, sinon à devenir végétariens ? Sommes-nous prêts à envisager de consommer moins d’énergie fossile pour cultiver, conditionner, transporter ? Nous avons la chance d’être acteurs d’une filière de produits végétaux dont les qualités nutritionnelles peuvent jouer un rôle croissant dans l’alimentation de nos concitoyens. Sommes-nous prêts à tirer le meilleur parti de cet atout maître pour nous positionner au centre des enjeux alimentaires de demain, en nous appuyant sur des pratiques agricoles que la société n’aurait plus à nous reprocher ? N’en déplaise à certains qui arguent de positions idéologiques (ce qui peut être le cas de certaines ONG, convenonsen !), ce dont nous parlons ici n’a rien d’idéologique. L’enjeu, c’est de savoir si, pour conserver le confort de ne pas nous remettre en cause, nous sommes prêts à condamner nos enfants et leurs enfants à une vie de misère dans une biosphère dramatiquement dégradée, hantée par la pénurie et par les désordres sociaux et politiques qui en découleront. C’est bien cela dont il est question. L’armistice signé entre l’amont et l’aval dans le cadre des EGA est une vraie opportunité pour redonner de l’oxygène à nos filières, leur donner les moyens de faire mieux, en expliquant au consommateur que l’on ne peut plus continuer à produire pour pas cher une alimentation de qualité médiocre en détruisant notre biosphère et bien plus que cela… Il est urgent de produire, de commercialiser, de consommer autrement et cet appel nous concerne tous, en tant que citoyens, acteurs économiques, consommateurs, formateurs… À chacun de faire sa part dans la lutte contre l’incendie !

Jean HARZIG

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