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Pommes de terre : le CIPC n’est pas réhomologué

à la une, Consommation, Consommer, Distribution, Filière, Politique, Produire, Protection des cultures, Réglementations, Vendre — Par le 26 juin 2019 9 h 30 min

La filière pomme de terre vit sa dernière campagne sous CIPC. Le grand chamboulement ne fait que commencer tant chez les producteurs, les négociants, les transformateurs, qu’en GMS !

Le couperet est tombé. Le chlorprophame (CIPC) – principale molécule utilisée pour le contrôle de la germination des pommes de terre durant le stockage – n’a pas été renouvelé par la Commission européenne le 17 juin. Son avenir était plus qu’incertain depuis que la Commission avait fait connaître en mars 2018 son avis négatif, s’appuyant en cela sur celui de l’Efsa (autorité européenne de sécurité des aliments) de l’été 2017.

Suite à cette décision, les autorisations de mise en marché des produits contenant du CIPC seront retirées au plus tard le 8 janvier 2020, selon décision de chaque État membre. Un délai de grâce concernant leur utilisation sera accordé, ou non, par ses mêmes États membres. Il sera, selon la notification de la Commission « le plus court possible et expirera au plus tard le 8 octobre 2020 ». La filière française va formaliser dans les meilleurs délais une demande à l’Anses pour que ce délai soit en cohérence avec la fin de la prochaine campagne de conservation, soit juillet 2020. Les filières pommes de terre européennes vivront donc, avec la prochaine récolte, leur dernière campagne sous CIPC.

Outre l’emploi de variétés à dormance plus longue, les producteurs disposent à ce jour de quatre solutions de substitution (éthylène, huile de menthe, 1,4 DMN et hydrazide maléique) pour les conserver. Ces alternatives peuvent être plus onéreuses et présenter moins de souplesse et de rémanence que le CIPC. Elles nécessitent notamment des équipements spécifiques tels que des bâtiments suffisamment étanches et des ventilations adaptées, ce dont ne sont pas équipés tous les producteurs.

Le CIPC est par ailleurs très persistant. La molécule se retrouve dans les bâtiments, les matériels, les équipements… « L’ensemble des filières pommes de terre européennes, avec une implication forte des acteurs français et l’appui technique d’Arvalis, travaillent de concert pour proposer une LMR temporaire acceptable par les services officiels », indique François-Xavier Broutin, chargé de mission à l’UNPT (Union nationale des producteurs de pommes de terre) et contributeur actif de cette « Potato Value chain coalition ». « Le principe d’une LMR temporaire semble être accepté. Le CTGB, l’équivalent néerlandais de notre Anses, porteur du dossier, rendra son avis cet été. L’Efsa donnera ensuite le sien, sans doute d’ici à la fin de l’année, voire début de la suivante au plus tard. »

Du côté de la GMS, la crainte d’un phénomène massif de germination en fin de saison de conservation, soit à partir d’avril, est réelle. « Si les pommes de terre restent trop longtemps en rayon, vu leur aspect, la consommation va chuter », prévient Marc Morellato, président de Fédépom, la fédération des négociants en pommes de terre.

Alors même que la décision n’était pas connue, le CNIPT avait convié le 18 juin l’ensemble de la filière – production, négociants, courtiers, détaillants et GMS – à une réunion de travail sur les attentes sociétales. L’arrêt du CIPC, annoncé durant cette réunion, car officialisé le matin même, a évidemment été commenté. « L’interprofession s’y prépare depuis quelques temps déjà et anticipe », souligne Florence Rossillion, directrice du CNIPT. « Nos différentes études soulignent le nécessaire ajustement des productions entre la récolte automnale et celles des primeurs, ainsi que de nouvelles récoltes pour assurer la présence de la pomme de terre française en rayons tout au long de l’année. Elles pointent également l’obligation d’une gestion plus fine de la logistique pomme de terre, dès la sortie des stockages et jusque chez le consommateur. Pour les détaillants et la GMS, les conséquences directes seront des rotations plus rapides et donc des commandes plus fréquentes, mais, surtout, la prise en considération du tubercule comme un produit frais ! Une réflexion sur les emballages peut aussi être engagée. L’ensemble de la filière est bien conscient des enjeux. »

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