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Ce qui va changer sur le marché de la pomme de terre

à la une, Consommer, Logistique, Réglementations, Vendre — Par le 21 mai 2019 9 h 21 min

© Parmentine

La fin programmée du recours à l’anti-germinatif questionne les fondamentaux qui ont construit le marché européen de la pomme de terre depuis des décennies. Tous les acteurs de la filière doivent intégrer que désormais, le tubercule va devenir un véritable produit frais à manipuler comme tel.

Depuis des décennies, la pomme de terre est une commodité que l’on manipule, que l’on achète, car elle se conserve des semaines, des mois. Les pommes de terre précoces de la Méditerranée ont  ainsi progressivement laissé la place à leurs sœurs du Nord bien conservées. Mais demain ? Pressentie pour fin 2020, la proscription du CIPC est européenne et met donc tous les pays de l’UE sous la même contrainte, mais alors qu’en sera-t-il des échanges avec les pays tiers ? « Il faut que les clients réalisent que plus rien ne sera comme avant, que les pommes de terre vont être fragiles, qu’il va falloir les protéger du verdissement, les préserver au froid jusqu’au rayon », avertit Thierry Lamblin, directeur marketing chez Parmentine qui sonne le retour de la pomme de terre au rayon produits frais.

Et l’adaptation va devoir être rapide, car fin 2020, c’est demain ! Or, dans beaucoup de rayons fruits et légumes, les pommes de terre sont bien souvent les parents pauvres, présentées dans un coin dans des palox en plastique au facing peu amène, dans une gestion souvent très aléatoire et des rotations à la maîtrise toute relative. Des pommes de terres plus fragiles vont exiger une nouvelle rigueur en rayon, à tous les niveaux. Thierry Lamblin invite les distributeurs à poser le problème avec leurs fournisseurs afin de penser ensemble le rayon de demain : assortiment, rotations préservation de la lumière, température dirigée. Idéalement, il faudrait mettre la pomme de terre à 8-10°C et la protéger des éclairages trop violents. Rationnaliser le rayon, gérer les rotations pourrait être une invitation à resserrer le nombre de références, avec potentiellement des conséquences non négligeables pour l’ensemble du rayon F&L : « La contrainte initiale pourrait être transformée en une véritable opportunité de repenser l’ensemble du rayon F&L », poursuit Thierry Lamblin. « C’est l’occasion de sortir la pomme de terre des box, de repenser l’ameublement du rayon, de favoriser l’achat d’impulsion en redonnant de la lisibilité et de l’envie. Il va aussi falloir penser à former le consommateur sur le stockage des pommes de terre à domicile. » Lui aussi devra apprendre à accélérer ses rotations, acheter des pommes de terre en moindre quantité, plus régulièrement, à les stocker au frais. La production va aussi devoir repenser son calendrier, avec une opportunité pour la primeur de gagner 3 à 4 semaines de campagne en début de saison, sur le mois de juin, en veillant à la fois aux risques climatiques au champ pour les semis précoces et à l’instabilité éventuelle de tubercules récoltés trop précocement. Bref, beaucoup de choses à repenser et une belle opportunité pour les opérateurs les plus agiles de se positionner auprès des clients dans une stratégie d’accompagnement à ces changements.

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