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La carotte en quête de méthodes de désherbage alternatif

à la une, Evénement, Filière, Produire, Recherche & développement — Par le 7 mai 2019 10 h 29 min

Désherbage mécanique des carottes. ©Photo Carottes de France

La 4e journée technique organisée par Carottes de France, le 25 avril dernier à Avignon, dans le Vaucluse, a rassemblé près de 100 professionnels de la France entière. En collaboration avec les stations d’expérimentations régionales Invénio et Siléban, ainsi qu’avec le CTIFL et l’appui d’Arterris, la journée Desherbcarot était axée sur la thématique du désherbage alternatif en culture de carotte de plein champ. Après une matinée en salle, la journée a été complétée par des restitutions d’essais et des démonstrations de matériels sur une parcelle de carotte.

La carotte est une culture de plein champ qui s’implante lentement, surtout en semis précoce, et se trouve ainsi rapidement concurrencée par les adventices. Pour concilier un bon développement de la carotte et la maîtrise des bio-agresseurs, le désherbage doit être réfléchi bien en amont du semis. Le cadre réglementaire actuel impose l’interdiction de l’usage de certains herbicides couramment utilisés en culture carotte. Ainsi, le recours à des méthodes alternatives de désherbage tels que les leviers agronomiques (rotation, faux semis…), mécaniques, thermiques ou encore variétaux sont à privilégier. Le développement de ces nouvelles techniques de gestion de l’enherbement de la carotte, est une priorité pour les producteurs de Carotte de France, comme l’illustre l’appel à projet émis par l’association en 2017.

Désherbage thermique des carottes. © Carottes de France

Les stations expérimentales régionales Invénio et Siléban ont répondu à cet appel. Elles ont mis en place des essais dont l’objectif est de mettre en place différentes stratégies alternatives pour gérer l’enherbement sur l’inter-rang. Techniquement, l’efficacité du désherbage mécanique (bineuse, herse étrille) est avérée, mais conditionnée selon les réglages du matériel (vitesse d’avancement, précision des écartements), les conditions météorologiques, le débit et le créneau du chantier… Le désherbage localisé entraîne, également, une réduction de l’IFT (indice de fréquence de traitement) herbicide en culture de carotte. En revanche, d’un point de vue économique, les coûts de production sont impactés à la hausse (temps de travail, investissement matériel, changement de culture dans la succession culturale,etc.). C’est pourquoi le défi futur des producteurs de carotte est de se tourner vers de nouveaux outils et d’OAD (outils d’aide à la décision) pour une meilleure efficacité du désherbage en culture de carotte.

Désinfection vapeur des carottes. © Photo Carottes de France

Des pistes de réflexion ont été abordées lors d’un témoignage sur la conduite du désherbage en agriculture biologique et de plusieurs présentations de solutions de désherbage pré et post-semis, également en démonstrations dynamiques sur la parcelle d’un producteur d’Arterris, le même jour. Les participants à la journée Desherbcarot ont pu ainsi découvrir et échanger autour des démonstrations de désherbage mécanique des sociétés Kult, Terrateck et Grimme, de désherbage thermique de la société 2Ebalm, de désinfection vapeur du sol de la société Simon Group, d’essais variétaux de semences activées et prégermées des sociétés Vilmorin et Bejo, de robotique de la société Naïo Technologies et du tracteur électrique de la société Sabi Agri. Quelques autres solutions évoquées par le CTIFL sont venues compléter la réflexion de cette problématique majeure de la profession, telles que la solarisation, le paillage et la biofumigation en désherbage présemis. La combinaison de plusieurs techniques de gestion des adventices a été le leitmotiv retenu par les producteurs de Carottes de France.

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