Imprimer cet article

Un 12e Forum réussi !

à la une, Communication, Evénement, Filière, Personnalités, Vendre — Par le 11 avril 2019 11 h 34 min

©végétable

Le Forum végétable, qui s’est tenu le 9 avril à Paris, a fait salle comble tant le sujet de cette 12e édition, « La Bio est-elle la réponse ? », suscite intérêts et questionnements au sein d’une filière en pleine mutation.

« Quelle est la question ? » a osé Pierre Weill, coprésident de Bleu Blanc Cœur et cofondateur du collectif 3e Voie, chargé de clôturer cette journée de débats dont la vocation était « d’apporter des éléments de discernement afin d’éclairer le chemin de chacun, quelle que soit sa position ». Postures et questionnements diffèrent en effet : l’on peut se demander si la bio est la réponse aux attentes des consommateurs et professionnels de santé qui recherchent une alimentation plus saine ; ou à celles des citoyens défenseurs de l’environnement qui aimeraient que « produire » ne soit pas synonyme de « détruire » ; ou encore à celles des producteurs et des distributeurs à la recherche d’un juste équilibre économique ; ou bien à toutes ces attentes réunies.

Parmi les interventions qui ont secoué l’auditoire, celle de Konrad Schreiber, agronome à l’Institut de l’agriculture durable, figure en bonne place. Pour lui, la bio n’est pas la réponse, contrairement à une agriculture « bio logique » (en deux mots) qui prendrait la biologie (l’étude de la vie) comme axe de développement. « Un certain nombre de fondamentaux n’ont pas été pris en compte dans le développement de la bio », explique celui pour qui l’agriculture de demain sera celle qui redonnera toute sa place au sol vivant, seul capable d’assurer le recyclage permanent de ses ressources. Des propos illustrés par Pascal Pineau, du groupe Pom’Evasion, qui pratique depuis longtemps une arboriculture bio et agroécologique, cultivant ses vergers sur sol vivant.

Moins catégoriques, d’autres ont tenu à exposer que, si la bio n’était pas la solution, elle était en tout cas une voie à explorer, tout comme les nouvelles approches et démarches telles que le Zéro résidu de pesticides. Pour Alain Vialaret, directeur du groupe Blue Whale, qui s’est lancé dans la bio avec le collectif Élément Terre Bio et également engagé dans la démarche ZRP, « il faut essayer, arrêter si ça ne marche pas, mais avancer en misant sur la recherche et l’innovation, car c’est par elles qu’on gagnera la bataille du climat et des pesticides ». Un avis partagé par Jean-Luc Anglès, président d’Anecoop France et de Solagora, pour qui « la bio fait partie d’un ensemble également composé de la biodynamie-Demeter, du ZRP, de la réduction des pesticides… pour avancer vers un modèle plus durable ». Et par un certain nombre d’acteurs du commerce présents, parmi lesquels Monoprix, dont le responsable marché fruits et légumes, Damien Castagnier, a martelé : « Arrêtez de vous opposer les uns aux autres, car vous vous tirez une balle dans le pied. L’important est la démarche de progrès. » Celle de l’enseigne, baptisée « Monoprix Tous Cultiv’acteurs », qui ajoute le goût et les relations durables à la démarche environnementale, ne l’empêche d’ailleurs pas de se demander si ce n’est pas la certification HVE (Haute valeur environnementale) qui mettra tout le monde d’accord avec un système de paliers. Même raisonnement chez Intermarché. Hervé Mayoud, directeur des achats de produits frais traditionnels, voit dans la HVE une sorte de fil rouge commune à toutes les démarches, qui aiderait les consommateurs à se repérer dans les rayons.

Autre cheval de bataille pour les distributeurs : la sécurisation des volumes. La bio étant acheté par neuf foyers sur dix aujourd’hui contre un sur dix en 2000, elle est incontestablement « la » réponse commercialement parlant. Encore faut-il disposer de volumes suffisants pour satisfaire la demande. D’où la nécessité pour Hervé Mayoud d’accélérer la contractualisation fournisseurs/producteurs afin de sécuriser les approvisionnements. Pour Biocoop, c’est en maintenant une ligne directrice forte que la bio sera préservée et que le consommateur pourra s’y retrouver. C’est pourquoi son ex-président Claude Gruffat appelle à l’adoption d’un règlement européen solide et cohérent qui ne remette pas en cause les fondements de la bio.

À ces questionnements d’ordre environnementaux et commerciaux s’en sont ajoutés d’autres tout au long de la journée. Comme celui lié au goût qui, selon une étude Avatars pour Interfel, apparaît comme l’une des quatre motivations d’achats des consommateurs réguliers de produits bio (avec la santé, le développement durable et la recherche de sens). « En tant qu’Espagnols, nous sommes considérés comme suspects en France. Nous essayons donc d’être irréprochables, notamment sur le goût. Car si un produit bio est plus cher, le minimum est qu’il soit bon à manger », explique Jean-Luc Anglès. 63 % des Français se déclarent en effet prêts à payer plus cher des produits de qualité, même si pour 37 % d’entre eux le prix reste un critère majeur. Pour les distributeurs, il demeure le principal frein à l’achat d’un produit bio.

La question du local et de la reterritorialisation de l’alimentation a également été posée par les acteurs de la restauration collective, dont les organisations vont pour le moins être bousculées avec la loi Egalim. Si c’est au biologiste du Muséum national d’histoire naturelle Marc-André Selosse que la charge d’introduire les débats de cette journée avait été donnée (mais pas remplie, faute d’avion arrivé à l’heure), c’est à lui que nous donnerons ici le mot de la fin : « La bio est une première étape mais il faut bouger, s’adapter, rechercher. Ce combat permanent n’aura pas de fin. Et souhaitons qu’il n’y en ait pas. »

©végétable

©végétable

©végétable

Tags: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

0 Commentaire

Vous pouvez être le premier à laisser un commentaire.

Laisser un commentaire


Commandez nos guides merchandising pour seulement 15 €/u (frais de port inclus)