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Une alimentation riche en bio pourrait contribuer à la prévention des cancers

à la une, Consommation, Consommer, Recherche & développement — Par le 30 octobre 2018 9 h 10 min

©Photo Gina Sanders

Dans l’étude de cohorte NutriNet-Santé réalisée sur une population d’adultes français, les sujets qui consomment plus régulièrement des aliments bio présentent un risque moindre de 25 % de développer un cancer par rapport aux non consommateurs ou consommateurs épisodiques.

Bien que le lien de cause à effet ne puisse être établi sur la base de cette seule étude, ces résultats suggèrent qu’une alimentation riche en aliments bio pourrait contribuer à la prévention des cancers. Des recherches sur les facteurs sous-jacents liés à cette association sont nécessaires afin de mettre en place des mesures de santé publique adaptées et ciblées pour la prévention du cancer.

Cette étude a été réalisée par le Dr Julia Baudry de l’Équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle – U1153 Inserm, U1125 Inra, CNAM, Université Paris 13 (Centre de recherche épidémiologie et statistique Sorbonne Paris Cité), sous la direction du Dr Emmanuelle Kesse-Guyot. L’analyse a porté sur un échantillon de 68 946 participants (78 % de femmes, âge moyen 44 ans) de la cohorte française NutriNet-Santé pour lesquels a été renseignée la consommation d’aliments bio ou conventionnels. Au cours des sept années de suivi (2009-2016), 1 340 nouveaux cas de cancers ont été enregistrés puis validés grâce aux dossiers médicaux des participants. La fréquence de consommation d’aliments bio (la plupart du temps, de temps en temps ou jamais) a été évaluée via un score de fréquence de consommation sous forme bio pour 16 groupes alimentaires. Une diminution de 25 % du risque de cancer (toutes localisations) a été observée chez les consommateurs qui étaient des consommateurs « réguliers » d’aliments bio comparés aux consommateurs moins réguliers (4e quartile, les plus forts consommateurs, versus 1er quartile, les plus faibles consommateurs).

L’association était particulièrement marquée pour les cancers du sein en post-ménopause (- 34 % de risque, score bio élevé versus bas) et les lymphomes (- 76 % de risque). La prise en compte de divers facteurs de risque pouvant jouer un rôle sur la relation (facteurs sociodémographiques, alimentation, modes de vie, antécédents familiaux) n’a pas modifié les résultats.

Même si la cohorte porte sur un large échantillon suivi pendant sept années, avec une caractérisation fine des consommations alimentaires et des événements santé, ces premiers résultats doivent être interprétés avec prudence compte tenu du caractère observationnel de l’étude. Ils doivent être répliqués dans d’autres contextes. Cependant, il est intéressant de noter que ces résultats restent significatifs après la prise en compte d’un grand nombre de facteurs confondants, suggérant un rôle propre des aliments bio sur le risque de cancer.

Ces résultats soutiennent les recommandations du HCSP (Haut conseil de santé publique) émises en 2017 pour les futurs repères alimentaires du PNNS visant à privilégier les aliments cultivés selon des modes de production diminuant l’exposition aux pesticides pour les fruits et légumes, les légumineuses et les produits céréaliers complets.

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