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Bio : trouver des alternatives au cuivre

à la une, Production, Recherche & développement — Par le 12 février 2018 10 h 05 min


L’Inra a livré le 16 janvier dernier une expertise scientifique collective (Esco) sur les leviers disponibles pour réduire l’usage du cuivre en protection des cultures biologiques. Cette expertise a été réalisée à la demande conjointe de l’Institut technique de l’agriculture biologique (Itab) et d’un programme fédérateur de recherche Inra sur la gestion durable de la santé des cultures.

Le cuivre est utilisé en Europe dans la plupart des types d’agricultures pour maîtriser certaines maladies fongiques ou bactériennes et tient une place importante dans la protection des cultures conduites en agriculture biologique. Les usages actuels sont particulièrement importants dans les vignobles pour lutter contre le mildiou (Plasmopara viticola), en grandes cultures pour protéger la pomme de terre du mildiou (Phytophtora infestans) et, à un degré un peu moindre, en vergers de pommiers pour contenir la tavelure (Venturia inaequalis). Ces trois pathogènes sont à l’origine de pertes de récolte particulièrement dommageables.

Or des concentrations excédentaires en cuivre ont des effets néfastes sur la croissance et le développement de la plupart des plantes, sur les communautés microbiennes et la faune des sols. Ces effets ont motivé des restrictions réglementaires d’usage (plafonnement des doses applicables par hectare et par an) et même les interdictions de son usage phytosanitaire prononcées par certains pays européens (Pays-Bas, Danemark) qui amènent à s’interroger sur les alternatives actuellement ou potentiellement disponibles pour limiter ou éviter le recours au cuivre.

Plusieurs méthodes alternatives au cuivre existent, avec des effets souvent partiels. Il faut donc souvent les combiner pour protéger efficacement les cultures. Parmi elles, la génétique et, notamment, la recherche de variétés résistantes tient une place importante. Plusieurs produits naturels à capacité biocide et/ou de stimulateur naturel de défense des plantes (parmi lesquels certaines huiles essentielles, notamment d’orange) font également partie des outils disponibles, à côté de mesures prophylactiques reposant sur l’élimination de résidus de récolte contaminés ou le déploiement de bâches anti-pluie qui évitent la contamination par les spores pathogènes. Les bâches sont un dispositif efficace mais onéreux. L’efficacité des produits naturels (biocides et SDP) est plus variable en conditions d’utilisation au champ qu’en laboratoire et des études R&D par les entreprises impliquées dans le biocontrôle seraient encore nécessaires pour améliorer leur efficacité.

Les connaissances rassemblées dans l’expertise montrent que des stratégies d’évitement du cuivre, combinant ces différents leviers, sont envisageables en vergers de pommiers et en culture de pomme de terre. L’assemblage de ces leviers amène, dans ces deux cas, à des propositions (certes théoriques) de système de protection des cultures permettant d’envisager la substitution complète et la re-conception des systèmes… Si la piste génétique est stratégique à moyen terme, c’est la réduction des doses de cuivre employées qui, dans l’immédiat, serait le principal levier, sans perte d’efficacité.

(Source : Inra)

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