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Pommes de terre : l’enjeu du cahier des charges

à la une, Consommation, Distribution, Filière, Production — Par le 12 décembre 2017 6 h 30 min

Geraud Coutanceau, directeur agricole de Parmentine. © Photo Xdr

La firme phytosanitaire Bayer se met à l’écoute des metteurs en marché tels que Parmentine, eux-mêmes tournés vers les consommateurs. Pour ses “Rencontres Savoir Filière”, le 7 novembre, Bayer avait convié Parmentine, un des trois négociants leaders de la pomme de terre sur le secteur du frais en France, à présenter l’enjeu des cahiers des charges demandés par la GMS.

“Notre métier change énormément, explique Géraud Coutanceau, directeur agricole de Parmentine, en contact permanent avec ses 400 producteurs. Avant, nous étions surtout à l’écoute des évolutions techniques. Aujourd’hui, nous parlons agronomie bien sûr, mais nous intégrons les cahiers des charges de nos clients et leur respect est crucial. Nous nous adaptons, pour répondre aux attentes des consommateurs et de nos clients, mais parfois les préconisations des cahiers des charges conduisent à une impasse en culture.”

Apparus après la crise de la “vache folle”, les cahiers des charges en agro-alimentaire se sont développés pour répondre aux inquiétudes des consommateurs. Face à leur profusion, la GMS a finalement retenu le référentiel GlobalGap. “Cependant, après la course au prix, et face à la demande des consommateurs, chaque enseigne ajoute sa touche supplémentaire jusqu’à, pour certaines, interdire des substances, voire demander du « zéro molécule ». Ainsi, en fonction de la destination finale, la culture est menée différemment, mais les conséquences doivent aussi être acceptées. Ceci nécessite une maîtrise parfaite de la production et un accompagnement des producteurs, une anticipation entre nous et nos clients des volumes. Mais aussi, l’acceptation par l’ensemble des acteurs des conséquences inhérentes à la modification de production et de conservation de nos tubercules (coût, évolution variétale, aspect des produits, germination…)”, souligne Géraud Coutanceau.

Pour répondre à ces attentes, le service agricole de Parmentine, fort de ses dix techniciens, préconise des produits à faibles résidus dans les tubercules, emploie des solutions alternatives, utilise pour moins traiter des outils d’aide à la décision et surtout contractualise quasi 100 % de ses besoins… “Mais certaines matières actives posent question. D’un côté, elles respectent la faune auxiliaire, parfait pour l’environnement, mais de l’autre, des traces peuvent être trouvées dans les tubercules lors des analyses LMR (limite maximale de résidus).” LMR dont justement la GMS se sert comme outil de contrôle, tout comme du suivi des itinéraires techniques, des indicateurs de fréquence de traitements, ou encore des nombreux audits. Avec ses 400 producteurs et pour l’ensemble de ses clients, Parmentine accueille d’ailleurs en moyenne un audit par semaine. Autant dire qu’elle est parée.

Parmentine mise aussi sur la recherche variétale. Outre le rendement et la qualité, elle choisit ses variétés (42 sont déjà proposées) en fonction de leur résistance au mildiou ou de leur dormance germinative, les deux postes qui réclament le plus de traitements. “Mais comment faire, lorsqu’après avoir utilisé une matière active et récolté les tubercules, cette dernière est retirée au printemps suivant des cahiers des charges ? Trop peu de lien existe entre les souhaits des enseignes de distribution et les firmes phyto ! Pour répondre aux attentes de nos clients finaux, cette rencontre doit absolument avoir lieu afin que les cahiers des charges soient pris en compte avant la mise en marché d’un produit phyto”, demande Géraud Coutanceau qui apprécie à sa juste valeur la démarche de Bayer pour mieux comprendre son quotidien. Un premier pas, mais reste à savoir maintenant si firmes et GMS vont réussir à faire le second.

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