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L’agriculture du Vaucluse face à des mutations majeures

à la une, Production — Par le 15 septembre 2017 11 h 39 min


Le président de la Chambre d’agriculture du Vaucluse, André Bernard, a fait le point sur l’agriculture provençale lors d’une conférence de presse le 8 septembre. Morceaux choisis.

André Bernard commence par un inventaire général du contexte de l’année 2017 : dégâts de gels significatifs ce printemps, sécheresse estivale, côté météo, crise commerciale pour quelques produits, notamment le melon, l’abricot, la tomate. Il relève au passage que les contextes de marché sont plus favorables pour les filières mieux organisées : la structuration des filières constitue donc plus que jamais un enjeu majeur. Le marché de la tomate de conserve est profondément déstabilisé par les offres d’Espagne et d’Italie à « des prix démontés ». André Bernard observe également la réévaluation continue de l’euro face au dollar depuis le début de l’année et son impact potentiel pour les filières agricoles exportatrices (pomme, volailles, céréales…). Il témoigne des espoirs de la toute la profession agricole dans l’issue des Etats généraux de l’agriculture et de l’alimentation. « Il faut sceller la prise de conscience que la situation actuelle ne peut pas durer, que la disproportion entre ce que le consommateur paie et ce qui reste à l’agriculteur est intenable : un flacon de Ketchup contient 9 cents de tomate. Si demain le consommateur est prêt à en payer 11, cela changera tout pour le producteur ! » André Bernard prêche pour une différenciation des produits selon leur origine ou leur qualité qui rémunère les efforts des producteurs, tout en ménageant un prix juste au consommateur. Tout en étant conscient que l’on peut aussi améliorer la qualité d’un produit sans surcoût, simplement en améliorant l’efficacité des procédures : de l’importance du discernement dans les investissements qui sont judicieux et ceux qui le sont moins…

En Provence, historiquement terre bénie par l’abondance d’eau et de soleil, la question de l’eau se pose en 2017 suite à un déficit hydrique particulièrement marqué. La Provence bénéficie toujours des réserves de Serre-Ponçon, du Verdon et du flux rhodanien, mais le flux touristique est également très demandeur en été. « Nos prélèvements agricoles représentent une journée de débit du Rhône par an, il y a donc de la marge. D’où le projet d’un nouveau réseau d’irrigation de la Haute-Provence rhodanienne. » Mais il faudrait aussi changer de paradigme dans la gestion de l’eau et permettre à nouveau aux agriculteurs de retenir les eaux pluviales qui partent à la mer en pure perte. Les problèmes sanitaires sont aussi d’actualité, avec la lutte contre la Drosophila suzukii qui affecte non seulement les cerises, mais aussi, les prunes, le raisin… et les protocoles de protection sont encore largement à affiner. André Bernard compte sur la robotisation pour, demain, pouvoir faire l’impasse sur les désherbants, il compte aussi sur des génétiques plus résistantes afin de produire du raisin sans traitements… dans dix à quinze ans ! La poussée du numérique devrait aussi permettre de mieux piloter l’irrigation, d’économiser l’eau et d’améliorer la qualité des produits. Ici, le syndicaliste pose bien l’enjeu de la maîtrise des données produites avec la prolifération des capteurs, par les agriculteurs, et à leur profit, face aux démarches des fournisseurs de matériel et de service, pour les accaparer. Enfin, André Bernard affiche une forte volonté d’expérimenter des outils digitaux et des automates dédiés aux cultures spécialisées.

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