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Coop de France défend l’indépendance économique des agriculteurs

à la une, Politique, Production — Par le 4 juillet 2017 10 h 00 min

Stéphane Travert, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation. © Photo Xdr

A la veille du lancement des états généraux de l’Alimentation, Michel Prugue, président de Coop de France, et Pascal Viné, délégué général, ont rencontré, le 28 juin,

Coop de France a pu présenter ses propositions au nouveau ministre de l’Agriculture pour les états généraux de l’Alimentation. Son président, Michel Prugue, et Pascal Viné ont en effet été reçus par Stéphane Travert en cette fin de mois de juin. Leurs propositions s’articulent autour de quatre axes : l’accès aux marchés, la compétitivité des entreprises agricoles et agroalimentaires, les relations commerciales au sein des filières et la gestion des risques économiques, climatiques et sanitaires.

Coop de France a plus particulièrement souligné l’enjeu de la rémunération des agriculteurs, un des objectifs fondateurs de la coopération agricole. Michel Prugue a rappelé que la rémunération des agriculteurs serait demain davantage liée à la capacité des entreprises à créer de la valeur qu’aux politiques publiques à apporter des subventions. D’où la priorité donnée à la création de valeur et à sa répartition au sein des filières. Il a, à ce titre, fait part au ministre de ses convictions.

Il faut concilier l’enjeu de la valeur avec celui des volumes produits par notre agriculture. L’agriculture française dispose d’un potentiel de production exceptionnel qui mérite d’être valorisé, mais surtout préservé, eu égard aux attentes alimentaires, tant nationales que mondiales. Pour ce, Coop de France est convaincue que l’agriculture a besoin d’une nouvelle ambition et qu’elle doit donc s’engager dans la conquête des marchés créateurs de valeur, qu’ils soient locaux, européens ou internationaux, basés sur des circuits courts ou longs, qu’ils reposent sur de l’agriculture conventionnelle ou biologique. Ces marchés sont, bien entendu, intimement liés aux attentes des consommateurs et citoyens.

De plus, créer de la valeur ne peut se faire sans compétitivité. La question de la performance et de la compétitivité de nos entreprises est centrale : ce défi dépend bien entendu des décisions de l’Etat, mais également des actions engagées par les acteurs des différentes filières. Toute création de valeur ne pourrait durablement masquer une trop faible compétitivité. La rémunération des agriculteurs se construit en effet en fonction de plusieurs paramètres : le prix des marchés, la maîtrise des coûts de production, l’efficacité des investissements.

Ensuite, le partage de la valeur ne se décrète pas. La répartition de la valeur au sein de la chaîne alimentaire ne se traitera pas seulement par la loi, mais par de nouvelles relations commerciales garanties par un poids économique renforcé des agriculteurs. Sur ce volet, Coop de France formulera très précisément des mesures de simplification et de réorganisation du Code de commerce, ainsi que des propositions en matière de droit de la concurrence. Coop de France a ainsi rappelé que l’enjeu pour le monde agricole est celui de l’indépendance économique des agriculteurs, ce qui constitue la vocation même des coopératives.

Enfin, la création de valeur exige un environnement économique stabilisé. Si nos entreprises doivent aujourd’hui mettre l’accent sur la création de valeur, elles doivent pouvoir bénéficier d’un environnement économique mieux stabilisé, au travers de nouveaux outils de gestion des risques et des aléas. Coop de France a rappelé au ministre que les coopératives agricoles sont à ce titre le premier outil de gestion des risques pour les agriculteurs.

Sur tous ces sujets, Coop de France a demandé la prise en compte du modèle coopératif, propriété des agriculteurs et dont 90 % sont des PME-TPE. « Si l’on veut donner aux agriculteurs la maîtrise de leur destin, le monde agricole doit pleinement revendiquer son rôle d’acteur économique et en tirer toutes les conséquences en termes d’ambition, d’organisation et d’adaptation à l’évolution des marchés alimentaires. Sans cela, nous irons vers une agriculture intégrée par l’industrie ou la distribution. Ce n’est pas ce que nous voulons ! » a souligné Michel Prugue.

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