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Un métier plein de contraintes, un métier formidable !

à la une, Entreprise, Filière — Par le 29 juin 2017 10 h 12 min

François Mestre, dirigeant de la société Mesfruits © Photo Mesfruits

Le bilan annuel présenté chaque année fin juin devant la cinquantaine de producteurs partenaires du metteur en marché provençal est l’occasion d’un regard sans concession sur l’activité et l’avenir du produit, variété par variété. L’analyse de François Mestre, dirigeant de la société est marquée par le tropisme Sud Est hexagonal de son activité (même s’il compte également des fournisseurs dans le Sud Ouest) : « 2016 a été une année chaude, sans concession pour la coloration des pommes et on mesure là l’impact des retards accumulés dans le renouvellement du verger ». Le constat concerne en particulier les deux variétés leader de la gamme, Gala et Pink Lady®. « Le très beau se vend toujours très bien, le moins beau se vend de moins en moins bien, la différence de valeur entre un très beau produit et un produit médiocre ne cesse de se creuser ! » Et pourtant, Mesfruits compte quelque 361 clients dans 30 pays pour 60 000 tonnes commercialisées. Pour faire simple, les pommes de calibre 70/80 de bonne coloration sont quasiment prévendues, le reste sera plus ou moins compliqué à commercialiser selon le niveau d’accumulation de handicaps. Pour les petits calibres destinés à l’exigeant marché britannique, Mesfruits met en place une ligne spécifique de conditionnement de barquette « Trayless », la 15ème ligne sera opérationnelle en août. Sur le plan variétal, François Mestre passe rapidement en revue les orientations à privilégier : Elstar doit être commercialisée avant l’arrivée des fruits néerlandais. Granny se maintient bien sur le marché français et 75 mm et plus, les Anglais prennent les petites, mais ne tolèrent pas les faces rosées. Pour Pink Lady® et Joya®, le plus de 70 est fondamental. La différence de valorisation moyenne entre Cripps Pink cov et Rosyglow® est un plaidoyer convaincant pour un renouvellement rapide du verger vivement encouragé tant par l’Association Pink Lady Europe que par François Mestre ! En plein renouvellement, Gala jouit d’un marché très favorable en août. Braeburn est prisée par le marché allemand. Quant à la Golden provençale, elle a fait l’objet d’une invitation des plus convaincante de F. Mestre à en finir avec un produit que le marché ne demande plus et ne valorise pas ! La perte des marchés russe puis algérien a naturellement accéléré la déroute : le prix moyen départ station a perdu 10 cents en 12 ans. Les jeunes ne mangent pas de Golden, ils mangent des bicolores colorées et croquantes ! Face aux producteurs français, François Mestre a réexpliqué à la nécessité de proposer des Gala et des Pink Lady® d’hémisphère sud afin d’être en mesure d’offrir le meilleur au client 12 mois sur 12… en attendant peut-être le jour où le produit européen saura être présent toute l’année en quantité et qualité. Cela va de soi, cela va mieux en le disant ! Concernant la campagne 2017/18, fin juin, tous les pronostics étaient permis alors que le marché européen attendait 8 millions de tonnes de production continentale, contre 13 les années précédentes, avec une qualité probablement très inégale. Peu touchés par le gel qui a tant affecté le nord de l’Europe, les Provençaux se montraient raisonnablement optimistes car le marché devrait être sensiblement sous approvisionné. Réponse en juin 2018 ! Enfin, pour donner encore davantage de cœur à l’ouvrage aux pomiculteurs, François Mestre avait invité Sylvie Brunel, devenue « pasionaria de la pomme », à partager tout le bien qu’elle pense du fruit et de ses producteurs « chevaliers du XXIe siècle ». Douce pommade (mot qui doit son origine à la pomme) pour penser des plaies ouvertes par les attaques conjuguées des ONG, de la presse, des voisins…!

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