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Le CATÉ va tester de nouvelles serres à tomates

à la une, Production, Recherche & développement — Par le 3 mars 2017 9 h 49 min


Le CATÉ, station expérimentale régionale de la filière légumière conventionnelle bretonne située à Saint-Pol de Léon (Finistère) vient de se doter de nouveaux compartiments de serres à tomates. Objectif : viser la meilleure efficience énergétique et si possible augmenter la productivité du plant.

En Bretagne qui abrite 500 hectares de serre à tomates, soit 40 % de la capacité de production française des organisations de producteurs, « l’investissement dans l’expérimentation permet à la production d’éviter de commettre des erreurs », résume Michel le Roux, directeur du CATÉ. Le nouvel outil d’expérimentation du CATÉ s’inscrit dans cette logique. Tout juste sorti de terre dans le courant de l’hiver, il s’étend sur 2 400 m2 et se divise en trois compartiments de 800 mètres carrés chacun. Sa hauteur de 7 mètres de poteau impressionne. Elle est presque deux fois plus haute que les compartiments de serre qu’elle remplace (3,60 mètres) et qui avaient été érigés en 1990, et elle domine de 2 mètres les compartiments rajoutés en 2002 et 2007. Au total, l’outil d’expérimentation serre s’étend désormais sur 3 124 m2 avec couloirs, dédiés à 90 % à l’expérimentation tomates. « Le principal objectif que nous a assigné le CEFAREL dans les nouveaux compartiments, c’est de travailler sur l’efficience énergétique par kilo de tomates produits », explique Alain Guillou, responsable de l’expérimentation des cultures. Pour produire en moyenne 55 à 60 kg/m2/an, le serriste consomme environ 350 kWh selon les types de chauffage utilisés.
Classiquement en production de tomate, bonne partie de l’énergie consommée sert à déshumidifier l’atmosphère des serres. Aussi les essais prévus dans les compartiments 1 et 2 sont-ils consacrés à la déshumidification proprement dite. Le premier est équipé d’un échangeur thermique par lequel l’air froid entrant est mélangé à l’air chaud et humide de la serre dans une chambre climatique. Ce mélange est ensuite redistribué dans la serre par une gaine qui court sous les plantes. « Certains producteurs en Bretagne en sont déjà équipés, explique A. Guillou. Il permet de renouveler 13 mètres cube par heure et d’abaisser l’hygrométrie de cinq à six points. » Le second compartiment figure une serre semi-fermée qui dispose d’un corridor climatique derrière le pignon de verre. Cinq aérothermes placés en hauteur aspirent l’air et le mélangent à l’air sortant dans le corridor, selon le même principe que le premier compartiment. Le mélange d’air est ensuite projeté à l’intérieur de la serre, toujours à l’aide d’une gaine de distribution. À la différence du premier compartiment, le second a une capacité de renouvellement plus importante (sept fois le volume d’air par heure contre deux fois). Le troisième compartiment bénéficie, par rapport au second compartiment, d’une structure alvéolée permettant le refroidissement et l’humidification de l’air en cas de forte chaleur, d’un système d’éclairage pour (lampes de vapeur au sodium et rangées de leds entre les plantes) pour produire toute l’année et d’une capacité de renouvellement d’air encore supérieure (douze fois le volume d’air par heure).
Bien évidemment, la différence de technologie dans les serres expérimentales du CATÉ fait varier le niveau d’investissement pour ceux qui voudraient s’en équiper. L’investissement dans une serre à tomates coûte actuellement 100 €/m2. Les équipements du compartiment 1 se situent à ce niveau d’investissement. Il se situe à 140-150 €/m2 pour les compartiments de 2 et 3 équipés de corridors climatiques. Et il faut rajouter encore 100 €/m2 pour doter la surface de production de lampes artificielles. Ce surcoût doit s’amortir par une moindre consommation de l’énergie et d’une augmentation nette de la productivité dans le compartiment 3. « On peut envisager une production de 90 kg/m2 par an contre 55-60 kilos actuellement, plutôt des tomates de segmentation pour valoriser une offre de contre-saison », précise Alain Guillou. Au fur et à mesure de l’avancée de l’expérimentation qui doit durer 2 ans, certains paramètres pourraient être modifiés. Il n’est pas garanti que les tous les dispositifs seront validés. « Par le passé, le CATÉ a testé différents équipements (puit canadien, pompe à chaleur par exemple) qui ne se sont pas avérés intéressants pour la production bretonne », ajoute le directeur de la station. En tous les cas, ce nouvel essai intéresse de près les organisations de producteurs bretonnes engagées dans la tomate (Savéol, Sica Saint-Pol, UCPT, Solarenn). Elles co-financent l’investissement de 1,5 million d’euros à hauteur de 60 %, le reste provenant de FranceAgriMer (20 %) et la Région Bretagne (20 %).

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