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Interprofession : comment faire face aux inquiétudes ?

à la une, Consommation, Organisation — Par le 6 décembre 2016 8 h 00 min


Face à la montée des inquiétudes des consommateurs vis à vis de l’alimentation, les interprofessions alimentaire ont organisé une journée pour trouver le moyen de restaurer la confiance.

Restaurer la confiance c’est impossible ! C’est ce que s’accordent à penser les sociologues. Une fois qu’une crise est passée par là, les stigmates restent et tous les démentis du monde n’y peuvent rien. Seul le temps, et parfois la preuve de l’évolution des pratiques remises en causes permettent de revenir à une forme de normalité dans l’imaginaire collectif.
Et c’est bien le moyen de communiquer qui fait défaut aux interprofessions, démunies face à certains journalistes qui font leurs choux gras des scandales alimentaire, aux experts auto-proclamés réfutés par leurs pairs, aux lanceurs d’alerte… Car la société et les consommateurs n’ont plus confiance dans les institutions dans leur ensemble quelles qu’elles soient, et la communauté scientifique n’échappe pas à la règle. Si les experts de l’Anses sont maintenant dans l’obligation de remplir une déclaration d’intérêt pour ne pas occulter leurs liens avec le monde du privé, cela ne suffit pas pour les consommateurs.
Les journalistes, invités à s’exprimer sur leur fonctionnement ont expliqué le manque de temps, qui entraîne des enquêtes trop rapides, des interviews par téléphone ou par mail, mais aussi des industriels pas toujours coopératifs. Les portes se ferment de toutes part, et la confiance s’affaiblit, pas seulement entre nourricier et nourri mais aussi entre journalistes et industriels ou interprofessions.
Dans cette situation ou chacun a un avis sur tout et ou les avis minoritaires font figure de proue, la cacophonie domine. Pour y faire face, Louis Orenga, Directeur d’Interfel prône la polyphonie. Et si les messages interprofessionnels issus de consensus existent, le problème est de le porter au plus grand nombre. Entre l’information “scoop“ qui ne relève que le négatif et la publicité, il souhaite trouver une voie médiane, celle de la communication informative.
Comme l’a très bien expliqué l’anthropologue Nicoletta Diasio, le corps est la barrière entre l’intime et le monde extérieur et il est revenu au centre des préoccupations. L’observation de régimes alimentaires particuliers est vécue comme une volonté de remettre de l’ordre à l’intérieur de soi et dans ses relations extérieures. Les restrictions sont aussi un moyen de refuser des modèles de production et se priver d’un aliment peut prendre une dimension politique et morale.
Ces choix de plus en plus présents (sans lait, sans gluten, sans sucre, vegan…) ont des origines diverses : sanitaires, économiques, écologiques, politiques… Ces aspects ont été relativement peu abordés lors de cette journée. Il a été répété à plusieurs reprises qu’il fallait considérer les consommateurs mais seule Muriel Figuié, sociologie au Cirad a soulevé que de ces mouvements pouvait aussi naitre des initiatives concrètes et positives (réseaux d’Amap).

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