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Tapis rouge pour le Biocontrôle

à la une, Production — Par le 16 décembre 2015 10 h 08 min


Tout est fait au niveau de l’État pour favoriser l’émergence des produits dits de biocontrôle. Pour autant reste la question du prix et de l’efficacité des produits d’une part mais aussi de la valorisation des productions, encore à la peine alors que la production française est un modèle en la matière.

Au moment où tous les efforts doivent être portés sur l’innovation en agriculture et où les transferts de technologie sont indispensables, la profession a répondu présente le jeudi 10 décembre dernier au Ctifl de Balandran. Plus de 250 personnes sont venues assister au point sur le cadre législatif, aux échanges entre professionnels et aux présentations techniques.Le biocontrôle est une thématique prioritaire du plan agriculture et innovation 2015 qui comporte 30 projets pour une agriculture compétitive et respectueuse de l’environnement. Ainsi les mécanismes naturels de défense seront bien à l’honneur dans les agricultures de demain, qui seront diverses.
Leader dans le secteur, la France a clairement une longueur d’avance mais pour la préserver il faudra veiller à différents éléments dont le prix de ces produits relativement chers, et leur efficacité qui devra être testée par des centres techniques comme le Ctifl ou des centres d’expérimentation publics, fin de rester accessibles au plus grand nombre. En effet, l’efficacité de ces produits étant très liée aux conditions d’utilisation, elles devront être extrêmement précises pour être en mesure de préserver l’équilibre économique des exploitations.
Les produits de biocontrôle bénéficient actuellement d’un contexte réglementaire particulièrement avantageux : allègement de la réglementation, procédures d’homologation de l’Anses accélérées et à moindre coût. Pour autant, l’agro-écologie prônée actuellement n’est pas une découverte pour de nombreux maraîchers et arboriculteurs qui travaillent avec la nature depuis plus de 30 ans. « Oui à la panoplie a insisté Gérard Roche, à condition que les solutions existantes ne disparaissent pas plus vite que les nouvelles technologies ». « C’est une question de maintien de la production française pour certaines espèces comme la cerise qui souffre cruellement du retrait du diméthoate et dont les solutions de lutte contre Drosophilla. S à base de micro-organisme ne sont pas encore en place » précise Luc Barbier qui estime que le biocontrôle devrait être associé à la transgénèse pour aller plus vite dans la sélection d’espèce résistantes à la Sharka par exemple. « Face au problème de confiance entre la société et les agriculteurs, l’État augmente les contrôles et impose des obligations de résultats dans une Europe à la concurrence croissante. Notre métier est technique et le sera de plus en plus. Devrons nous justifier tous nos actes ? »
C’est une logique de complémentarité des solutions qui est souhaitée tant par la production que par l’IBMA qui regroupe l’ensemble des professionnels impliqués dans le biocontrôle (cf encadré). Un accord a d’ailleurs été passé entre Copa Cogeca et IBMA pour définir les priorités des recherches au vu notamment des nombreux usages orphelins qui existent en fruits et légumes, filière par conséquent assez avancée en matière de biocontrôle ! Pour préserver des solutions, Gérard Roche souhaite que les homologations puissent être réalisées à l’échelle européenne, plus pertinente pour les firmes. « Avec 0,8 % de la SAU en légumes en France, nous n’avons aucun impact ! ».
Quelques questions se posent aussi quant à l’innocuité de ces produits. Si l’huile de neem est favorisée pour les espaces verts publics il faudra prendre quelques précautions ! De la même façon le spinosad, souvent évoqué, ne fait pas partie de la liste des produits de biocontrôle de février 2015, comme de nombreux produits utilisés en bio. Enfin, les médiateurs chimiques obtenus par synthèse ne rentrent pas dans la définition des produits de biocontrôle (non issus de la synthèse chimique). C’est également un point sur lequel travaille l’IBMA.
Début 2016, un consortium du biocontrôle sera mis en place, à gouvernance paritaire public/privé pour catalyser l’innovation en biocontrôle et son adaptation dans les filières agricoles. En janvier le premier comité d’orientation stratégique du plan éco-phyto 2 aura également lieu. Dans ce cadre, les acteurs de l’aval sont invités à prendre en compte des avancées des méthodes de production dans leurs cahiers des charges pour inciter notamment les différentes filières à déployer ces démarches. Mais ces démarches ont un coût et de fait une valeur qui tend à être oubliée.

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