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Matinale de végétable : La France doit faire valoir sa haute qualité nutritionnelle

à la une, Evénement — Par le 8 décembre 2015 14 h 59 min

matinale de végétable
Proximité oblige, c’est dans le Vaucluse que s’est tenue la première Matinale de végétable le jeudi 3 décembre, avec le concours de notre partenaire, Informia. En accord aussi avec la thématique présentée par le professeur Jean-Louis Rastoin(1) : « perspective des systèmes alimentaires, continuité ou rupture ? »

Face à un système agro-industriel dominant et concernant plus de la moitié de la population mondiale, quelle position adopter ? Voilà la question ambitieuse à laquelle JL Rastoin a apporté une réponse documentée et pragmatique, donnant des perspectives stratégiques aux opérateurs venus partager ce moment propice au dialogue dans un climat très convivial.
Le développement de l’agro-industrie a permis des gains de productivité importants, la baisse des prix de l’alimentation, la sureté alimentaire et l’absorption du choc démographique avec 12 % de sous alimentés en 2013 contre 30 % en 1930. Pourtant, l’insécurité alimentaire est toujours un problème de masse avec 2 milliards d’individus souffrant de carences nutritionnelles, tandis que deux autres milliards souffrent d’excès caloriques. Ce système a conduit également à des inégalités sociales résultant d’un partage inéquitable des ressources, à une volatilité des prix, des délocalisations, des problèmes de gaspillage, une désertification agricole de certaines régions et a eu un impact écologique non négligeable. Par ailleurs, son intense spécialisation lui confère une faible résilience aux crises.

Jean-Louis Rastoin, directeur de chaire à l’Unesco en alimentation du monde, professeur à Montpellier Sup Agro et chercheur à l’UMR Moisa, était l’invité de la première édition de “La Matinale” de végétable, le 3 décembre dernier. © Photo Xdr

Face à cette impasse, plusieurs scenarii s’imposent. La continuité implique une augmentation de la massification, une artificialisation et une banalisation des aliments. Cette hypothèse entraîne avec elle un impact économique, environnemental et un risque sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle.
À l’inverse, un scénario de changement serait d’aller vers un ancrage territorial, avec des système alimentaires territorialisés, vraisemblablement à une échelle régionale, qui répondent à trois objectifs : une alimentation durable, une souveraineté alimentaire et un nouveau mode de gouvernance impliquant tous les acteurs de la chaîne. Cette nouvelle configuration permettrait à l’aliment de retrouver toutes ses dimensions au sein d’une agriculture familiale et de réseaux commerciaux innovants. Elle nécessiterait la mise en place d’une triple proximité : l’agro-sylvo-pastoralisme (la performance globale de l’exploitation sera reliée à la diversification, avec les mêmes objectifs de rendement qu’en intensif), la proximité de la matière agricole et de la transformation et enfin, la proximité culturelle du producteur et du consommateur.

Bien qu’ayant un coût, les impacts potentiels positifs de cette voie sont multiples : atouts sur la santé, le social, l’environnement, l’économique (besoin de création d’entreprises, à condition d’en simplifier les démarches !) et la différenciation par des labels. Car les signes de qualité et les labels sont de plus en plus recherchés par les consommateurs et un identifiant fiable de l’origine va devenir de plus en plus important pour l’ancrage territorial.

Mais au final, c’est certainement la voie du compromis qui naitra, entre un système intensif qui s’adaptera, car il en a les moyens, aux nouvelles attentes de la société et un système territorialisé.
En effet, les mégalopoles de plus d’un million d’habitants concerneront 30 à 35 % de la population en 2050 et elles auront besoin d’être alimentées par un système agricole intensif. Le modèle alternatif progressera, soutenu par le consommateur, et pourra plus facilement concerner l’approvisionnement de la population des villes moyennes et des zones rurales, avec la santé et l’origine en premiers facteurs de choix devant le prix.
En conclusion, Jean-Louis Rastoin a insisté sur la nécessité d’un Grenelle de l’alimentation pour clarifier les objectifs de la France et mieux construire son futur qui passera par la mise en place d’une politique alimentaire durable, de qualité, de proximité et de diversité.

(1) Jean-Louis Rastoin est directeur de chaire à l’Unesco en alimentation du monde, professeur à Montpellier Sup Agro et chercheur à l’UMR Moisa.

Visiter le site de notre partenaire : www.informia.fr

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