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Pénurie de fruits : les industriels dans le rouge !

à la une, Filière, Production — Par le 6 novembre 2015 9 h 52 min


Chaleurs intenses de l’été, parité euro/dollar, faiblesse des stocks de sucre, les fabricants de confiture, compote, fruits au sirop et autres Produits Alimentaires Intermédiaires (PAI) à base de fruits tirent la sonnette d’alarme.

Les chaleurs intenses et prolongées que toute l’Europe a connues cet été mettent aujourd’hui sérieusement à mal les approvisionnements en matières premières des fabricants de confiture, compote, fruits au sirop et autres PAI à base de fruits. En effet, les fortes températures estivales ont été accompagnées d’une sécheresse sévère ont raréfié les approvisionnements et provoqué des hausses de prix allant jusqu’à  +25% pour certains fruits comme la framboise ou la cerise, entraînant de très fortes augmentations pour les coûts de production des fabricants. Les fruits exotiques ne sont pas épargnés par l’envolée des cours, avec la hausse de la valeur du dollar américain. De plus, les coûts de production des fabricants sont également touchés par l’exceptionnelle faiblesse des stocks de sucre sur le marché européen, par ailleurs encore fermé en raison du maintien des quotas jusqu’en 2017. La combinaison de ces éléments fait de 2015 une année extrêmement difficile pour ces industriels.
Les approvisionnements estivaux de framboise, exclusivement en provenance des pays de l’Est (Pologne, Serbie), n’ont pas pu être compensés par d’autres origines européennes, la framboise à destination de l’industrie n’étant pas cultivée par ailleurs (ou de manière confidentielle). Les approvisionnements qui se font dans l’hémisphère sud à contre-saison (Chili) ont quant à eux été pénalisés par l’évolution du cours du dollar en début d’année.
Côté cerise, la situation est identique, avec une hausse moyenne des cours dépassant les 25 %. La fraise n’est quant à elle pas en reste. La production espagnole n’a pas échappé à la sècheresse et le repli sur l’origine marocaine n’a pas permis de contenir la hausse des cours comprise entre 2 et 5 %.
Il n’y a pas que les fruits rouges qui sont dans le rouge : le déficit en eau en Espagne a également impacté la production d’abricots dont le cours enregistre une augmentation de 5 à 10 %, cette tendance étant aussi constatée sur la pêche avec une hausse contenue entre 2 et 5 %.
Si la douceur des températures a été favorable au murissement des pommes, la qualité des fruits devrait favoriser les ventes sur le marché du frais au détriment des débouchés industriels. Ainsi prévoit-on une diminution de 12 % des volumes disponibles en Europe. Rappelons également que si l’embargo russe avait conduit le cours de la pomme d’industrie à chuter soudainement en août 2014 du fait des volumes à écouler, les producteurs européens se sont depuis adaptés en créant de nouveaux débouchés à l’export, aujourd’hui demandeurs et dynamiques, renforçant par voie de conséquence la forte pression sur le marché.
De leur côté, les fruits exotiques, importés de l’hémisphère sud ont pris de plein fouet l’augmentation de la valeur du dollar américain cet hiver, faisant flamber le cours de la banane du Costa-Rica au-delà de 25 % mais aussi celui de l’ananas (jusqu’à 10 % pour la matière 1ère en provenance du Costa-Rica et de la Thaïlande) et de la mangue.

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