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Recul sensible de la production de légumes d’industrie en 2015

à la une, Production — Par le 13 août 2015 10 h 59 min


Suite à la contraction de la demande industrielle, la production de légumes dédiée à l’industrie devrait régresser de 15 % cette saison dans l’Hexagone.

Il faut tout d’abord préciser que la consommation, par les ménages ou par la restauration collective ou commerciale, n’est pas particulièrement tonique depuis quelques années, malgré les opérations de communication générique poursuivies par l’interprofession, l’Unilet, malgré aussi les recommandations de santé publique relative aux légumes, frais ou transformés : les Français consomment en moyenne quotidienne 3,5 portions de fruits légumes, dont 0,5, soit 40 g, est constitué de légumes surgelés ou appertisés. En 2014, la France a récolté 915 000 tonnes de légumes d’industrie sur 69 500 ha de cultures. Si globalement les rendements ont été excellents, le taux d’abandon a connu des niveaux inédits, pour moitié en raison d’échec majeur dans la protection phytosanitaire (situation de plus en plus fréquente), soit en raison de la saturation des capacités industrielles. « Mais faut-il encore analyser cette filière à l’échelle franco-française alors que les bassins de production doivent être appréhendés à l’échelle de l’Europe de l’Ouest et que les stratégies des industrielles se construisent à cette échelle, voire au-delà vers l’Europe orientale ? » s’interrogeait Agnès Bernardin, directrice de l’Unilet, lors de l’assemblée générale de l’interprofession, le 23 juin. En effet, la production industrielle se concentre entre les mains d’une demi-douzaine de groupes européens qui ont eux-même à faire face à une distribution de plus en plus concentrée et puissante, engagée dans une guerre des prix dramatiquement destructrice de valeur. Pour parvenir à ses fins, elle augmente les importations de légumes d’industrie en provenance de pays tiers ou a recours à de petits opérateurs sur lesquels elle peut plus facilement exercer une pression sur les prix. Résultat, les importations françaises sont en nette augmentation, favorisées également par les contraintes spécifiquement françaises qui affectent producteurs et industriels. Sur le plan agricole, c’est notamment le désherbage chimique qui pose problème avec pour seule alternative un passage manuel et coûteux. C’est aussi la nouvelle exigence de couverture des sols au 31 mai qui pose problème pour des cultures comme le haricot qui peuvent être semées jusqu’au 14 juillet. C’est encore l’interdiction du Bisphénol A en France depuis le 1er janvier 2015 pour la garniture intérieure des boîtes de conserve, alors que son usage vient d’être confirmé au niveau européen par l’Efsa…, c’est aussi un recours extrêmement contraint aux auxiliaires technologiques. La distorsion de concurrence est manifeste et constitue une vraie épine dans le pied des industriels ! À l’issue de son mandat de 5 ans à la présidence de l’Unilet, Jean-Bernard Bonduelle laisse le soin à son successeur, Eric Legras de poursuivre le travail de l’Unilet, notamment en matière de communication collective et de recherche/innovation. Eric Legras est producteur dans l’Aisne et président de l’OP L Vert. J-B Bonduelle prend la présidence de l’UPPIA qui a vocation à défendre et promouvoir l’industrie de la boîte de conserve.

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