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Bilan Ctifl 2014 : comment s’en passer ?

à la une, Innovation, Organisation, Recherche & développement, Services — Par le 3 août 2015 9 h 22 min

Henri Pluvinage, président du CTIFL

La densité du document et la somme de travail qu’il recèle constitue une occasion idéale de rappeler, d’informer sur l’importance du travail réalisé par l’institut technique avec ses 278 salariés, ses 4 stations et ses 2 antennes. L’action du Ctifl se décompose en 5 grands axes. Dans le premier « Expérimenter, coordonner, innover », l’Institut vise à améliorer les techniques et développer l’innovation en assurant les transferts de technologie vers les professionnels, tant au niveau de la production, que de la station ou du point de vente. Avec le deuxième pôle « Former, conseiller, accompagner », le Ctifl soutient l’efficience des entreprises par une offre de formation et de services adaptés à leurs besoins. Avec le troisième « Analyser, informer, diffuser », il analyse les filières et les marchés, informe les professionnels et réalise des publications techniques, économiques et réglementaires. Avec le quatrième, Rencontrer, échanger, partager », il mène des actions de partenariat avec la recherche, l’enseignement, les familles professionnelles et l’interprofession, en France et à l’étranger. Enfin le Ctifl demeure l’opérateur de la certification des plants fruitiers, alors même que la certification française est reconnue mondialement. Si les charges de personnel représentent les deux tiers de ses dépenses, le Ctifl a poursuivi en 2014 une politique d’investissements active, adaptée aux réponses aux questions techniques soulevées par les professionnels, totalement interrompue en 2015. Car 2014 est surtout marquée par la décision brutale et sans concertation des Pouvoirs Publics de modifier le financement du Ctifl, jusque là fondé pour 70% sur une taxe fiscale affectée (TFA). « Sa suppression au 1er juillet 2015 et son remplacement par une Cotisation Volontaire Obligatoire étendue à la demande d’Interfel constitue une vraie rupture », analyse Henri Pluvinage (notre photo), président du Ctifl. Mais la mise en place d’un nouveau dispositif de financement équilibré, solide et durable pose une somme de problèmes très difficiles à résoudre pour les responsables des différentes familles professionnelles concernées. Lancées dans la précipitation, les négociations se poursuivent depuis plusieurs mois sans résultat patent, alors que la TFA n’est plus levée depuis le 1er juillet 2015. Malgré la contraction du budget du Ctifl de 15 % (les investissements ont été réduits de 90 % !), et les promesses de soutien du Ministre de l’Agriculture, on entre dans l’ère de tous les dangers et une solution doit absolument être trouvée d’ici fin septembre, faute de quoi les conséquences seraient dramatiques. Le budget annuel du Ctifl, de l’ordre de 20 millions d’euros, dont 18 pour la taxe fiscale affectée, est à poser face aux enjeux de la filière F&L française : en 2014, les ménages ont acheté pour quelque 16,8 milliards de F&L frais (pour 70 % en GMS), les producteurs français ont commercialisé quelque 5,6 Mds € de fruits et légumes. Le coût du Ctifl est d’autant moins choquant que l’on sait les bienfaits des fruits et légumes pour la santé (dont la consommation est vivement recommandée par les Pouvoirs publics), les demandes de la société pour une production toujours plus propre et respectueuse de l’environnement, qu’une partie de ce secteur est en déshérence et a plus que jamais besoin de retrouver de la compétitivité. Si une plus grande articulation avec Interfel pourrait être bénéfique, à condition de veiller au bon équilibre entre les deux instances, on peut légitimement s’interroger s’il était de la bonne gouvernance que de déstabiliser au moins momentanément un outil comme le Ctifl au nom d’une certaine orthodoxie budgétaire des finances publiques de la France.

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