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Crise du marché de la pêche : trop de production, pas assez de consommation

à la une, Consommation, Production — Par le 1 août 2014 7 h 41 min


Surproduction européenne et météo estivale incertaine sont les principales responsables de la déstabilisation durable du marché européen de la pêche.

Les faits sont là : la production européenne est supérieure de 10 % à la moyenne des 5 années précédentes et supérieure de 20 % à l’offre de l’année dernière. Dans le même temps, la consommation est freinée par une météo instable, alternativement estivale et printanière… Résultat, les stocks de fruits se maintiennent à un niveau élevé chez les metteurs en marché français, très élevé chez leurs confrères espagnols ou italiens qui expédient leurs produits dans les pires conditions pour faire de la place dans les frigos… La transformation de pêche en jus est à l’ordre du jour en Catalogne et considérée comme vitale … S’il n’y avait une préférence confirmée de la distribution française pour la pêche nationale, le marché pourrait être totalement submergé de pêches espagnoles qui se retrouveraient en linéaires au même prix consommateur en ménageant une marge bien plus confortable au magasin. Il faut donc rendre hommage à la distribution française de jouer le jeu de la production hexagonale, même si quelques enseignes font les francs-tireurs. Malgré ces efforts, il faut reconnaître qu’il manquera en moyenne 0,15 à 0,20 € par kilo pour couvrir les frais engagés en production jusqu’au départ de la station de conditionnement. Mais c’est probablement un moindre mal comparé aux difficultés auxquelles s’exposent les productions espagnoles et italiennes beaucoup plus dépendantes de l’exportation. La suite de la campagne permettra-t-elle aux producteurs français de combler le déficit ? Rien n’est moins sûr car la remontée des cours dépendra de la rétraction des stocks. Or cette dernière résulte à la fois du rythme de la récolte et de l’appétit des consommateurs. Le réchauffement de la météo espéré pour la fin de semaine 31 sera bienvenu pour l’appétit pour les produits frais, mais le rythme des récoltes ne devrait pas ralentir avant la mi-août, ce qui laissera peu de temps ensuite pour remonter la moyenne des prix de vente départ station… Pendant ce temps, l’AOP pêche et nectarine va poursuivre ses efforts pour accompagner la dynamique commerciale et promotionnelle des opérateurs et de la distribution. Enfin, la campagne abricot se poursuit avec le Bergeron de la vallée du Rhône et l’Orangé de Provence des Baronnies. Le marché est plutôt dégagé, mais l’inorganisation de quelques opérateurs en manque de capacité à fluidifier leurs écoulements l’alourdit artificiellement et pèse sur les cours. Le bilan de campagne devrait toutefois être honorable pour les structures préparées à exporter et à gérer des flux importants.

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