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BACTERIE ECEH : le point sur une crise sanitaire majeure

à la une, International — Par le 31 mai 2011 13 h 08 min

 

© Xdr

14 morts signalés en Allemagne, 1 200 cas de patients infectés par une souche particulièrement virulente de la bactérie Eceh ont été signalés outre-Rhin en 10 jours, l’inquiétude grandit chez les consommateurs et les primeurs sont boudés…
Les medias européens se jettent sur le sujet. Jusqu’ici contestée pour ses résidus de pesticides, la filière légumes fait face à des accusations d’un nouveau genre, extrêmement graves. Les conséquences pourraient être profondes pour les pratiques techniques et commerciales à l’avenir.
Alors que les hôpitaux du nord de l’Allemagne sont submergés par l’épidémie provoquée par consécutifs à des hémorragies provoquées par la bactérie E.coli entero-hémorragique (Eceh), la polémique fait toujours rage entre les autorités sanitaires espagnoles et allemandes. Ces dernières déconseillent la consommation de concombres et de tomates et de salades. De prochains résultats d’analyses devraient permettre de préciser l’origine réelle de la contamination. Le fait que les produits actuellement incriminés proviennent de cultures biologiques interroge en effet sur les pratiques hygiéniques en production et les producteurs français de concombre sous serre ne manquent pas actuellement d’insister sur le fait que leurs techniques de cultures n’ont rien à voir et sont infiniment plus fiables sur le plan sanitaire. Il sera donc important d’éclairer au plus vite les modalités de la contamination. Pour mieux comprendre ce dont il s’agit, nous reprenons ci-dessous les explications de l’Institut national de veille sanitaire en date du 30 mai.

Epidémie d’infections à Escherichia coli producteurs de shiga-toxines en Allemagne
Les autorités sanitaires allemandes ont signalé la survenue d’une importante épidémie d’infections à Escherichia coli producteurs de shiga-toxines en cours en Allemagne (STEC).
Les STEC (aussi désignés E. coli enterohémorragique EHEC) sont responsables de manifestations cliniques variées : diarrhée banale ou sanglante pouvant évoluer dans 5 à 8 % des cas, principalement chez le jeune l’enfant, vers une complication grave le syndrome hémolytique et urémique (SHU). Le réservoir principal des STEC est le tube digestif des ruminants. L’homme se contamine principalement par la consommation d’aliments contaminés. Il peut aussi se contaminer par contact avec une personne infectée ou par contact avec des animaux contaminés ou l’environnement contaminé par les matières fécales de ces animaux;. Les principaux aliments à risque sont les produits carnés consommés crus ou insuffisamment cuits, les produits laitiers au lait cru et les végétaux consommés crus.
Au 30 mai 2011, 329 cas de SHU survenus depuis le 2  mai ont été rapportés à l’Institut  Robert Koch à Berlin. Trois d’entre eux sont décédés. 71 % sont des femmes, 88 % ont plus de 20 ans. 60 % des cas résident dans le Nord de l’Allemagne. Toutes les régions sauf deux ont rapporté des cas. L’infection est due à un sérogroupe très rare de STEC (E. coli O104 : H4). Les résultats des investigations épidémiologiques descriptives et d’une étude de cas-témoin suggèrent que cette épidémie serait liée à la consommation de concombres, de tomates, ou de salades vertes. Des études épidémiologiques complémentaires, des investigations microbiologiques et des enquêtes de traçabilité des aliments suspectés sont nécessaires pour identifier la source de l’épidémie. Dans l’attente des conclusions des investigations, les autorités sanitaires allemandes recommandent de ne pas consommer de concombres, tomates et salades vertes dans ce pays.
Des cas chez des personnes ayant voyagé en Allemagne ont été rapportés dans 7 autres pays européens : Suède, Angleterre, Pays-Bas, Danemark, Autriche, Suisse, France.
En France, A ce jour, 6 cas de diarrhée sanglante chez des personnes ayant séjourné ou résidant en Allemagne dans les 15 jours précédant leurs symptômes ont été signalés à l’InVS. Il s’agit de 6 adultes d’âge compris entre 16 et 55 ans. Cinq sont des femmes et un est un homme.
La surveillance des infections à STEC est réalisée actuellement en France par la surveillance du SHU chez les enfants de moins de 15 ans. Depuis 1996, un réseau de services de néphrologie pédiatriques volontaires de 31 hôpitaux notifie les cas de SHU pris en charge, à l’Institut de veille sanitaire.
Environ 100 cas de SHU pédiatriques sont notifiés chaque année en France Pour plus d’éléments, cliquez ici

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